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Samuel BARBER (1910-1981)

Samuel Barber commence à composer dès l'âge de sept ans. Il étudie à l'Institut Curtis à Philadelphie avant de devenir élève de l'Académie américaine de Rome en 1935. L'année suivante, il écrit son quatuor à cordes en si mineur, dont il arrangera plus tard le second mouvement — à la suggestion d'Arturo Toscanini — pour orchestre à cordes sous le nom Adagio for Strings, puis pour chœur sous le nom d'Agnus Dei ; ce mouvement deviendra très populaire.

 

La popularité de l'Adagio a quelque peu occulté le reste de son œuvre. Aucune de ses autres pièces n'a connu le même succès, mais certaines sont régulièrement jouées et enregistrées. Toutefois, Barber est considéré comme l'un des plus talentueux compositeurs américains du xxe siècle.

Il a évité les expérimentations de ses contemporains, préférant des harmonies et des formes plus traditionnelles. Son œuvre est mélodique et souvent décrite comme néo-romantique, bien que certaines de ses œuvres ultérieures, notamment le Third Essay for Orchestra et la Medea's Dance of Vengeance, fassent montre d'une utilisation magistrale d'effets percussifs, de modernisme et d'effets néo-stravinskiens.

Le compositeur meurt à New York à 70 ans.

 https://fr.wikipedia.org/wiki/Samuel_Barber

 

 

 

Adagio for Strings (19)

Créé en 1938 par Arturo Toscanini, l'Adagio pour orchestre à cordes de Barber, composé la même année à partir d'un mouvement de son premier quatuor à cordes, a immédiatement connu un succès populaire qui ne s'est pas démenti depuis. Belle prouesse pour un mouvement lent et à orchestre réduit, hors de tout contexte. Prouesse qui s'explique en partie seulement (il reste toujours cette part de magie qui fait le succès d'une œuvre) par le savant mélange des éléments suivants: une ligne mélodique claire, simple, répétée; une durée limitée (moins de 10 minutes); une harmonie et une densité expressive; une construction classique et facilement lisible (montée, climax, relâche); une utilisation extra-musicale intensive (notamment par le cinéma). Ce dernier élément est peut-être le plus important pour la popularité de l'œuvre.

Le thème est immédiatement exposé par les violons, langoureux, mélancolique, rêveur, image d'une sorte d'errance héroïque. Cette errance se développe, additionnant les lignes de soutien, variant légèrement autour du thème, marchant doucement vers les aigus. Une tendre opposition se créé avec les violoncelles. Aux deux tiers de l'œuvre, les cordes montent vers leur point le plus aigu, ce dernier est maintenu dans une tension sentimentale intense. Puis, selon moi, arrive la magie sidérante de ce morceau: le silence. Impossible d'en estimer la durée, ce moment est celui le plus dense de l'œuvre. On entend encore les évanescences de l'accord précédent, joué si fort, qui emplissent l'espace, qui hante l'esprit. L'image de l'envol me saute aux yeux: celle d'une créature terrestre incapable de voler, qui, petit à petit, à force d'efforts inouïs, arrive à s'élancer et, soudainement, à s'envoler. Le silence de l'Adagio est ce moment d'envol, cette libération, cette sortie vers le haut, l'instant magique et presque surnaturel. La suite de l'œuvre descend vers une fin sereine, le miracle étant accompli, il ne reste plus qu'à le contempler et le regarder s'éloigner..

http://www.vivre-musique-classique.fr/oeuvres/barber-adagio-pour-orchestre-a-cordes-op11/